Oé, le retour de la bouteille de vin consignée

Mai 3, 2021 | Marketing & Communication, Vin

Bouteille de vin consignée Oé

Le constat de base pour , était de dire que les rayons vins des supermarchés étaient trop gros et qu’on s’y perdait, que l’offre ne correspondait pas au Français moyen. Il y avait besoin d’une sélection parmi laquelle le client puisse être sûr de trouver du bon vin tant en termes de goût que de respect de la planète.

A sa genèse, Oé proposait une application qui sélectionnait les vins et permettait de les acheter, elle proposait aussi une formule d’abonnement mensuel à une box de vin qui proposait une quarantaine de références disponibles aussi à l’achat sur le site internet.

Cette expérience leur a permis de constater encore une fois, qu’autant de références représentait trop de choix pour le consommateur. Ils ont donc décidé de se recentrer sur des vins qu’ils produisent avec des vignerons partenaires sous le nom Oé.

Box Oé

Le coeur de cible d’Oé

Le cœur de cible de la marque Oé correspond principalement aux 25-44 ans de toute la France, mais ils touchent aussi l’Europe plus généralement. Cette cible est plutôt urbaine, pour cause, les consommateurs des zones péri-urbaines et rurales ont une tendance d’achat direct producteur. Ce que ne permettent pas les centres-villes. Le client Oé n’est pas un expert en vin, mais il souhaite mieux boire, c’est-à-dire consommer moins et des vins respectueux.

Pourquoi la consigne est-elle encore peu utilisée en France ?

La consigne de bouteille était beaucoup utilisée il y a une cinquantaine d’années et le mécanisme s’est perdu avec la globalisation et le recyclage. Au début des années 1990, avec la prolifération des emballages à usage unique, la consigne a disparu.

En France, l’un des principaux défis réside notamment dans le changement des mentalités. C’est une culture de consommation habituée à l’usage unique qu’il faut remettre en question. De plus, cela nécessite de remettre en place toute une filière, cela prend du temps. Dans quelques années, la consigne sera remise totalement sur pied.

« La consigne est revenue chez les brasseurs indépendants et les producteurs de jus artisanaux, car les bouteilles représentent un coût important pour eux. Mais, dans le vin où elles ne valent quasiment rien, c’est plus compliqué », expliquait Thomas Lemasle lors d’une interview pour Les Echos.

Si vous voulez en savoir plus, visionnez ce reportage de La Quotidienne Faut-il accélérer le retour de la consigne dans les grandes surfaces ?

Dans plusieurs pays européens, le réemploi de la bouteille en verre n’a jamais disparu. Plusieurs études menées, notamment en 2009 par Deroche Consultant, démontrent que les bouteilles en verre lavées dans un périmètre inférieur à 300 km, rejettent 80 % de gaz à effet de serre en moins que lorsqu’elles sont recyclées. A cela, s’ajoute la consommation d’eau (réduite de 33 % puisqu’elle est réutilisée d’un lavage à l’autre) ou celle de l’énergie (75 % d’économie).

Quelles sont les raisons pour lesquelles le réemploi représente une  « contrainte » pour les producteurs ?

Patrick Jourdain précisait d’ailleurs à ce sujet « Mais pour la bouteille ce n’est plus possible, à cause de l’étiquetage autocollant ». En effet, la colle hydrosoluble représente une contrainte. Mais la colle n’est pas le seul problème. La taille de l’étiquette compte aussi beaucoup. Et le format de la bouteille qui doit convenir à la machine qui les lave.

Le surcoût pour le producteur important que ce soit pour l’entretien des bouteilles ou pour les alternatives à certaines formes d’étiquetage ?

Aujourd’hui, le coût d’une bouteille consignable est plus cher que de recycler le verre. Mais le prix et la hausse des prix de la silice et des composants des bouteilles ainsi que les émissions (GES) générées lors de la fabrication d’une bouteille vont changer la donne dans les années à venir. Il faut aussi savoir qu’une bouteille recyclée n’est pas faite qu’à base de tessons de verre, mais aussi avec des composants et de matières premières qui n’ont pas encore été travaillées.

Ce qui est « compliqué » avec la consigne du verre, c’est que toutes les régions n’ont pas d’acteurs pour collecter, laver et remettre les bouteilles dans le circuit. Les épiciers n’ont aussi pas tous la place de stocker un certain nombre de bouteilles avant la collecte.

Sur le plan de l’export, aussi, la consigne n’est pas possible. Elle marche au niveau local, mais globalement parlant, il faudrait normaliser toutes les bouteilles pour pouvoir les consigner globalement, mais aussi la taille de l’étiquette et de la colle utilisée.

Certains pays ont mis en place des réglementations, comme le Danemark depuis 2002, l’Estonie depuis 2005, ou l’Islande depuis 1989.

Récemment, au Québec, le ministre de l’Environnement, Benoit Charette a dévoilé son nouveau plan de Consigne qui entrera progressivement en vigueur d’ici 2022. Les citoyens québécois devront bientôt payer 16 centimes de plus à l’achat pour une bouteille de vin ou de spiritueux et 6 centimes de plus pour une bouteille d’eau. Toutefois, ce n’est pas un coût additionnel, puisque ces montants sont remboursables à 100 % au retour de la bouteille.

Comment Oé s’est adapté pour pouvoir mettre en place la consigne ?

Vous l’aurez peut-être remarqué si vous avez déjà croisé l’une de leurs bouteilles, celles-ci n’ont pas de capsule. En effet, depuis 1er juin 2019, la Marianne ou capsule représentative des droits (CRD), qui atteste que le producteur s’est acquitté des droits sur l’alcool, n’est plus obligatoire sur les bouteilles de vin. Ce qui tombe plutôt bien du point de vue environnemental, car cet alliage de métaux n’était pas recyclable.

Autre point, celui de l’étiquette, l’une des principales problématiques des producteurs. L’étiquette Oé est en papier recyclé et la colle utilisée est hydrosoluble (ou soluble à l’eau pour faire plus simple).

étiquette bouteille Oé
Capsule bouteille Oé

Et pour pouvoir mettre en place ce système de consigne, Oé s’est associé à Rebooteille, une filière de réemploi des bouteilles en verre située sur la région Auvergne Rhône-Alpes. Leur rôle est de collecter les contenants en verre, de procéder à un lavage éco-performant et de rendre ensuite les bouteilles aux producteurs.

L’idée de la consigne est-elle de produire moins de verre et donc moins de déchets ?

L’objectif de la consigne est de produire moins de verre et surtout produire moins de GES. Réemployer les bouteilles permet d’économiser 33 % d’eau par apport à une bouteille fabriquée, de réduire de 76 % l’énergie consommée et d’émettre 79 % de gaz à effet de serre en moins (source : étude Devroche Consultants).

Autre point, celui de l’étiquette, l’une des principales problématiques des producteurs. L’étiquette Oé est en papier recyclé et la colle utilisée est hydrosoluble (ou soluble à l’eau pour faire plus simple).

Pourquoi consigner les bouteilles en verre ?

Zéro Waste France répond à toutes vos questions sur la consigne du verre.

Merci à l’équipe Oé pour leur aide précieuse quant à la réalisation de cet article.

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